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GENEVA - Le 4 décembre 2022, le Secrétariat du recours collectif noirs (ci-après « Secrétariat ») a été invité à participer aux sessions inaugurales du Forum permanent des personnes d'ascendance africaine à Genève, en Suisse. Le Secrétariat était représenté par M. Nicholas Marcus Thompson, directeur général, et M. Alain Babineau, directeur des opérations pour le Québec.


Le Secrétariat s'est joint à divers groupes de la société civile, à des représentants gouvernementaux et à des dirigeants du Canada et du monde entier pour attirer l'attention sur le fléau mondial du racisme anti-noir et pour tracer la voie à suivre pour relever une multitude de défis interdépendants.

Au cours de la visite, le Secrétariat a été invité à faire des remarques aux délégués réunis. M. Thompson a profité de l'occasion pour attirer l'attention internationale sur les défis systémiques omniprésents et persistants auxquels sont confrontés les travailleurs canadiens noirs lorsqu'ils cherchent à se joindre à la fonction publique fédérale du Canada, ainsi que sur les obstacles rencontrés lorsqu'ils recherchent des promotions. M. Thompson a déclaré ce qui suit :

Nous sommes ici aujourd'hui aux côtés d'organisations non gouvernementales canadiennes pour attirer l'attention internationale sur le racisme anti-noir et la discrimination systémique au Canada… Pendant des décennies, les travailleurs du secteur public fédéral d'ascendance africaine ont été confrontés à une discrimination importante tant au niveau de l'embauche que des promotions. Tous les travailleurs canadiens d'ascendance africaine des secteurs public et privé sont touchés de manière disproportionnée par les politiques et les pratiques qui créent des obstacles systémiques à leur embauche, leur promotion et leur avancement, ce qui entraîne leur sous-représentation flagrante dans les postes de direction…

Malgré sa rhétorique sur le désir de relever les défis vieux de plusieurs décennies du racisme anti-noir au Canada, le Canada a choisi de ne pas envoyer un haut fonctionnaire ministériel noir du parti au pouvoir pour participer à cette réunion historique. M. Alain Babineau, directeur des opérations du Secrétariat au Québec, a déclaré :

Il est consternant que le Canada n'ait même pas jugé bon d'envoyer un ministre noir du gouvernement ou un membre du Black Caucus pour y assister.

Le Secrétariat demande au Canada d'établir un commissaire à l'équité noire, semblable à l'envoyé spécial permanent sur l'antisémitisme et au nouveau représentant spécial sur l'islamophobie. Le commissaire à l'équité noire servira de champion et de conseiller spécial du gouvernement fédéral sur le racisme anti-noir aux niveaux national et international.

Le Secrétariat continuera de mobiliser les Nations Unies et d'autres organismes internationaux alors qu'il cherche à sensibiliser le monde à la réalité du racisme anti-noir au Canada. En octobre de cette année, le Secrétariat, avec le soutien d'Amnesty International, a déposé une plainte auprès du Rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée. L'organe du Conseil des droits de l'homme a accusé réception de la plainte et y répondra bientôt.



Par Courtney Betty

Jeu. 21 Juillet 2022

Crédit photo; Bataillon de construction n ° 2


Le 9 juillet, le premier ministre Justin Trudeau a présenté des excuses attendues depuis longtemps au 2e bataillon de construction à Truro, en Nouvelle-Écosse. Le bataillon de la Première Guerre mondiale a été formé en 1916 en tant qu'unité distincte. Selon les mots du premier ministre, alors que l'on disait aux Noirs qui voulaient s'enrôler « c'est une guerre d'hommes blancs », ce bataillon refusait de perdre espoir.


Ils étaient de véritables héros canadiens qui voulaient servir et ont ainsi formé le premier et le seul bataillon entièrement noir de l'histoire militaire canadienne. Après s'être fait dire qu'ils n'étaient pas les bienvenus, ils se sont regroupés et ont fait pression sur le gouvernement et les responsables militaires pour qu'ils leur permettent de servir et de défendre leur pays.


Les excuses de Trudeau n'ont pas hésité devant les mauvais traitements épouvantables infligés à ces soldats par le gouvernement, ainsi que la douleur et la souffrance de leurs familles, descendants et communautés. Au cœur de son message se trouvait la reconnaissance que "la chose la plus désintéressée qu'une personne puisse faire est de se lever et de se porter volontaire pour se battre pour son pays - c'est un acte de bravoure, d'honneur, de sacrifice et de loyauté extraordinaires". Il a reconnu que la haine anti-Noire flagrante et le racisme systémique privaient ces hommes de leur dignité dans la vie et dans la mort.


Finalement — plus d'un siècle plus tard — et au nom de tous les Canadiens, il a dit « nous sommes désolés ».

Les familles, les défenseurs et les organisateurs des excuses officielles ont fait la fierté de tous les Canadiens. Ils ont commencé à corriger une histoire qui niait la bravoure, les contributions et les sacrifices du bataillon de construction n° 2. Grâce à leurs efforts, ils ont jeté les bases pour remédier aux injustices du passé et bâtir un avenir plus équitable. Mais ce travail ne peut s'arrêter là.


Crédit photo; Bataillon de construction n ° 2


Bien que les excuses aient été significatives et percutantes, il reste une question importante à laquelle le Premier ministre et le gouvernement doivent encore répondre : prendront-ils des mesures concrètes et accorderont-ils à ces militaires la dignité dans la mort que leurs homologues blancs ont reçue ? Cela doit inclure la prise de mesures concrètes pour éradiquer le racisme et la discrimination systémiques contre les Canadiens noirs qui existent toujours au sein de nos institutions gouvernementales. Même le premier ministre lui-même a reconnu que les excuses ne sont qu'un point de départ, car « ce n'est que lorsque les vérités du passé seront reconnues que nous pourrons commencer à panser les blessures qu'elles ont créées et à bâtir un Canada meilleur et plus inclusif pour tous ».


La communauté noire au Canada, selon les propres statistiques du gouvernement, souffre dans de nombreux domaines. Dans le système judiciaire, le service de police de Toronto a récemment reconnu et présenté ses excuses pour les nombreuses années de discrimination systémique et d'actions préjudiciables menées par la police contre les Noirs à Toronto. Les études de Santé Canada démontrent régulièrement les nombreux problèmes de santé auxquels notre communauté noire est confrontée en raison du racisme systémique.


Sur le plan économique, de nombreux Noirs aujourd'hui dans les secteurs public et privé continuent de connaître un manque de promotions et d'opportunités d'avancement dans leurs organisations. Et ironiquement, dans nos Forces armées canadiennes, des centaines de membres noirs ont signalé le racisme et la discrimination, alors même que Trudeau et la ministre de la Défense Anita Anand présentaient ces excuses historiques.


Crédit photo; Bataillon de construction n ° 2


Reconnaître que les Noirs font partie intégrante de la société canadienne est important - mais des mots sans action réelle et un véritable plan pour lutter contre le racisme et la discrimination systémiques au Canada risquent de nous faire reculer. Les excuses creuses ne font qu'affaiblir le tissu et les idéaux de notre grand pays multiculturel.

Le premier ministre Trudeau a fait le premier pas en présentant ses excuses ; il doit agir pour restaurer la dignité de ces militaires dans la mort. Les pensions, les avantages sociaux et l'engagement continu sont une étape nécessaire pour renforcer la communauté noire du Canada, qui, comme le bataillon de construction n ° 2, continue de vous protéger.


Courtney Betty est une ancienne procureure de la Couronne au ministère de la Justice du Canada. Il est actuellement conseiller juridique de la coalition Black Class Action.


Published in Toronto Star


Members of the No. 2 Construction Battalion
Members of the No. 2 Construction Battalion in 1916.

FOR IMMEDIATE RELEASE


The Black Class Action was pleased to join descendants of the Black Battalion and members of the Black Nova Scotian community to witness the Government of Canada’s long overdue apology for its historic role in propagating systemic racism and anti-Black hate within the Canadian Armed Forces.

We stand in solidarity with the descendants of the Black Battalion families and we salute the tremendous work done by these individuals to achieve this historic moment. This apology is one significant step forward in righting a series of terrible and long-standing wrongs against Black Canadians, but it cannot stand alone.


The servicemen of the No.2 Construction Battalion were denied dignity in their service and dignity in their post-service lives and deaths. While white servicemen were granted land, pensions and generous benefits, the servicemen of the Black Battalion were left with nothing. This injustice must be addressed and resolved by the Government of Canada for their apology to go beyond words and continue the healing process.

Many members of families descended from the Black Battalion are current members of the Black Class Action. This lineage of systemic racism within government institutions is disheartening but not surprising to those of us who have experienced exclusion from hiring, promotion and professional advancement as federal employees.


In the spirit of this important apology, the Black Class Action calls on Prime Minister Trudeau to direct his government to demonstrate compassion to those Black Canadians who have experienced racism and discrimination within our country’s public service. Current and former Black federal employees who continue to experience systemic racism should not be forced to fight for justice and recognition in the courts. The government must end this legal process and come to the table with tangible actions.


END


Media Enquiries: media@blackclassaction.ca

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